Le personnage de Madame Sans-Gêne s’est imposé d’emblée grâce à sa créatrice, la grande comédienne RÉJANE, qui s’y illustra et joua le rôle toute sa carrière jusqu’en 1920.

Parmi les nombreuses interprètes qui s’y illustrèrent ensuite, on peut citer (entre autres) CASSIVE (la créatrice des pièces de Feydeau), Marguerite PIERRY, MISTINGUETT, jusqu’à Jane SOURZA, Annie CORDY, Sophie DESMARETS et Jacqueline MAILLAN.

La pièce entra au répertoire de la Comédie-Française en 1938 et resta quinze ans affichée salle Richelieu, avec des Sans-Gêne aussi diverses que Béatrix DUSSANE, Lise DELAMARE, Andrée de CHAUVERON et Béatrice BRETTY (Henri ROLLAN était Napoléon).

Elle a donné à plusieurs films de cinéma, à commencer par deux films muets, le premier avec RÉJANE, l’autre avec Gloria SWANSON en 1925. Avec le parlant, ARLETTY (en 1940) précéda Sophia LOREN dans les années 1970 (avec Robert HOSSEIN en Lefebvre).

En 1957, au théâtre Sarah-Bernhardt, la pièce fut jouée par la compagnie RENAUD-BARRAULT, qui venait de quitter le théâtre Marigny, avec Madeleine RENAUD dans le rôle de Sans-Gêne, qui y fut une de ses créations mémorables, Jean DESAILLY (Napoléon) et Jean-Louis BARRAULT (Fouché). La pièce était présentée pour la dernière fois telle que l’avait établie SARDOU, avec… cinquante-six comédiens.
Elle n’a pu être jouée depuis dans sa forme initiale.

La version nouvelle que nous présentons aujourd’hui permet à l’œuvre de Sardou de sortir de l’ombre négligente où sa masse et son ampleur l’avaient rangée. Cela s’est fait au prix d’une recomposition de l’économie de l’œuvre en veillant à lui conserver son énergie et sa fraîcheur, afin qu’un grand et nouveau public la découvre.